Ells

Poubelle de connaissances, images, récits et modeste bout de vie . - mise a jour extrêmement rare -

10 juin 2014

Massacre

Il regarde tranquillement autour de lui et se rend compte qu’il ne sait pas vraiment quoi penser d’eux. Qu’il ne les connait même pas. Toute sa vie, il les a fréquentés et pourtant ce sont des inconnus.
De la même manière, qu’ils l’ont côtoyé sans le connaître. Comment va le pianiste, après la mort -connue de tous- de sa femme? Il n’en sait rien. Es ce que Gladice aime son métier ? Il ne sait pas. Es ce qu’elle aime quelqu’un ? Il n’a pas la moindre idée.
Il se met à la considère plus attentivement. Elle s’approche doucement mais fourbement de la gueule du fusil. Il remarque cette attitude, sa goutte de transpiration qui coule le long de la joue et ces yeux verts bleus qui n’ont pas l’âge de son corps.

Il tire. Une rafale à travers son ventre.
Gladice est projetée en l’air et retombe dans ses propres tripes avec un bruit spongieux. C’est clairement de mauvais goût et cela n’empêche pas Paolo de se tourner vers la salle.
Celle-ci est figée dans l’attente. Comme si elle hésitait. L’action semble lointaine et proche à tous les individus et ceux si ne savent pas si c’est le début d’un massacre ou si Paolo cherche seulement à tuer Gladice.
L’ensemble des individus est figé devant l’arme et le simple paradoxe suivant.
Bouger c’est mourir, c’est être la première cible car la plus évident et donc se retrouver dans le viseur de l’homme.
Bouger c’est vivre, c’est être en mouvement et sortir de cette pièce qui pue la mort et maintenant les tripes de vieille serveuse.
Paolo, ne se pose pas la question de bouger, ou de tirer tout simplement sur la masse qui le regarde. Il vient de tuer sa deuxième personne. Et même s’il n’avait pas tiré de plaisir d’attention lors du premier meurtre, il en avait eu un plaisir de libération.
Le renouvellement du meurtre procurait ce double plaisir d’attention et de libération. Bien que doublé d’un léger malaise provoqué par l’odeur d’intérieur de corps humain répandu à proximité.

Il avait envie de conserver cette attention le plus longtemps possible et donc ne bougeait pas. Ce contentant de la savourer. Il avait le regard dans le vague et ne remarquait pas l’attitude particulièrement figé qu’avaient toutes les autres personnes de la salle. Depuis maintenant cent trente-deux secondes, personne ne bougeait et le regardait fixement. Les muscles extrêmement tendus. Cette situation ne pouvait pas durer, d’abord parce que rien n’est éternel, ensuite parce qu’avant d’être éternelle, les humains ont besoin de dormir, manger, respirer, avoir des rapports sexuels et reposer leurs muscles.
Dans la salle tendue, chacun réfléchissait à toutes vitesses. Pour la partie défaitiste, ce qui n’avait pas été fait dans leur vie ou l’être aimé qu’il n’avait pas assez aimé. Pour la partie plus pragmatique, une analyse de leur situation personnelle dans la salle, avec les facteurs de distance à Paolo et à toutes les ouvertures comme porte et fenêtres, ainsi que la présence d’individu entre la gueule du fusil et leur gueule, précieuse comme jamais.

Auréliano était rapide d’esprit comme de corps. Il supposait que se coucher au sol dès le premier instant de panique, puis de se relever au bout de deux secondes pour se jeter à travers la fenêtre était  la meilleur chose à faire.

Clara était la seule femme à avoir une arme sur elle. Ainsi que trois autres hommes qui pensait principalement à dégainer et faire feu. Clara n’avait jamais utilisé son arme bien qu’elle l’eut plusieurs fois entre les mains. C’était un petit pistolet qui rassurait son mari, pour plusieurs raisons. 

Posté par ells à 16:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire