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11 juin 2014

Mouvements

Derrière Auréliano, quelqu’un laissa tomber une bouteille pleine d’un liquide orange pisse. Tous les regards convergèrent sur le bruit de verre brisé et de la tache de liquide qui s’agrandissait. Néanmoins, il n’y avait pas de mouvement. L’homme qui avait lâché par inadvertance cette bouteille était encore plus raide et stressé qu’avant. Il était meilleur qu’une statue. Feignant de ne pas remarquer le liquide qui mouillait son bas de pantalon et ses chaussures et l’autre liquide qui mouillait son entre jambe.
Il gardait le regard fixé sur Paolo. D’ailleurs, c’était le seul.
Paolo le regardait droit dans les yeux, il avait vaguement conscience du bruit qui avait interrompu son désir de grandeur, son désir d’être vu et entendu. Il voyait qu’un seul homme le regardait encore et pour cela il en était reconnaissant. Ne voulant pas le perdre, il le gardait chaudement dans les yeux. Presque avec amour. D’ailleurs Paolo voulait lui proposer son amour et se déplaça de manière imperceptible, mais surtout fit regarder un autre aspect de la salle à l’œil mortel du fusil.

Le fusil n’étant plus pointé sur l’homme derrière Auréliano, celui-ci relâcha doucement son attention et pourtant continua de sourire à Paolo et de le fixer. Il ne savait probablement pas que leurs vies en dépendaient. Instinctivement, il choisissait de continuer dans cette attitude. Stupidement, ce n’est pas ça qui influa le cours des pensées de Paolo. Les individus se détendaient doucement et regardait à nouveau Paolo et non l’homme qui s’était pissé dessus.
Paolo voulu montrer à l’homme qu’il lui était reconnaissant. Il appuya sur la gâchette et maintient son arme sans savoir où il visait. Puis déséquilibrer et inspiré par un grand nombre de films d’actions il se mit à balayer la salle avec le bout du fusil en s’efforçant de le maintenant à la bonne hauteur.

Il faut comprendre Paolo. Tirer demande une position et des appuis solides, car rapidement la puissance de feu à tendance à faire dévier l’arme. Généralement vers le bas car les utilisateurs mettent leurs mains en dessous.
Heureusement, Paolo était fort. Et Paolo tirait par salve, ce qui permettait t’équilibrer le tir et de se rattraper.

Dans la salle, il restait encore deux hommes armé d’une arme, ainsi que la jeune femme. Clara.
Quand l’homme tira à trois reprises, il le fit si mal, qu’il blessa un autre individu puis logea ces deux autres balles à deux mètres du mitrailleur. Paolo, qui distingua la lumière et le mouvement du feu. Visa dans cette direction, tira deux salves et s’accroupit derrière le bar.
Il se mit péniblement à recharger son arme. C’était la première fois qu’il agissait ainsi. Il eut du mal à faire tomber le chargeur et ne savait pas vraiment comment remettre un nouveau chargeur. La poudre cachait l’odeur des tripes du côté du bar. Vers l’entrée s’empilait une mêlée de cadavre, il est toujours étrange de voir un groupe d’homme mort de dos s’entasser les uns sur les autres. C’était ceux qui voulaient se sauver par la porte d’entrée. Une petite dizaine avait réussi alors qu’il y avait une trentaine de blessé, mourant et déjà mort dans la salle.

Celui qui s’était pissé dessus était mort de l’amour éternelle de Paolo. Il le regardait encore quand cela arriva.
Auréliano allait chercher une arme chez son voisin. Il voulait rattraper l’homme à la sortie du meilleur bar de la ville.
Le tireur était mort, l’autre homme avec une arme avait une blessure légère à l’épaule et au bras. Il resta couché et visait patiemment la sortie de l’homme.
Clara, elle s’était relevée et visait calmement la partie du comptoir où Paolo rechargeait. Elle avançait doucement et consciencieusement vers le bar. 

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